Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

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Toute la Classe d’Adam est souillée par la prévarication

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« Adam, tenté et séduit par le Démon, pèche grièvement par ses facultés de Pensée, de Volonté et d’Action. La multitude innombrable de sa classe en acquiert au même instant connaissance et pèche autant qu’elle en est capable. Les uns la repoussent de toute leur Volonté, d’autres y adhèrent plus ou moins, d’autres aussi y adhèrent de tout leur Vouloir. Ne pourrait-on pas voir dans les premiers les Justes ou les Prédestinés ou les Bénis de mon Père, dans les Seconds la tourbe des humains entraînés par les plaisirs et les séductions du Monde et dans les troisièmes les plus grands coquins, les plus grands scélérats des divers siècles ?

Toute la classe est donc souillée par la prévarication de l’homme, les plus justes restent chargés d’une grande solidarité pour les plus coupables, et il faudra que tous en acquittent leur part par leur séjour plus ou moins prolongé dans l’incorporisation matérielle et dans la mort corporelle qu’ils devront y subir, comme dans les peines expiatoires et purificatoires que la Miséricorde leur destine après le mort. 

Cette part a-t-elle été égale pour tous ?

– Réponse : Non ; elle est différente pour les uns et pour les autres, et presque nulle pour quelques autres […] »

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 18 août 1821).

Si les Frères avaient un vrai désir d’atteindre la perfection maçonnique

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« La tenue cérémonielle […] chaque mois est indispensable à jours et heures fixes […] cette tenue est consacrée aux réceptions d’Apprentis et aux promotions des Compagnons et des Maîtres et à défaut de ce genre de travail, ou concurremment  avec ce travail, à l’instruction générale des Frères. Cette tenue est toujours accompagnée d’un banquet maçonnique, qui doit être le seul pendant le mois, sauf les cas très extraordinaires.

En quoi consiste l’instruction générale des Frères ?

C’est toujours la lecture du Code, ou celle de la Règle Maçonnique, ou celle des Instructions annoncées au Rituel, et presque jamais rien de plus. Lorsque ces lectures sont terminées, on les recommence dans la séance suivante, de sorte que ceux qui n’y assistent pas n’y perdent que la répétition, et ces répétitions deviennent si fréquentes qu’on pourrait facilement apprendre ces choses par cœur  si à la fin elles ne devenaient pas fastidieuses.

Mes Chers Frères., si les cœurs étaient moins tièdes, moins apathiques ; s’ils étaient embrasés d’un vrai désir d’atteindre à la perfection maçonnique ; si les esprits étaient mieux disposés à l’amour des Règles et des Lois, et à plus de tendance au « But » qu’elles indiquent, on ne trouverait rien dans ses répétitions de monotone, de fastidieux, d’ennuyeux ; on viendrait les entendre chaque fois avec un nouvel empressement et s’en nourrir l’esprit et le cœur, parce que la vérité qui plaît est toujours pour l’esprit agréable et nouvelle. »

(J.-B. Willermoz, Lettre à Achard, 11,VIII, 1805).

L’homme-Dieu Réparateur par le sacrifice de sa volonté reçut le témoignage de l’ange

Jésus dans le jardin

« Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice. (…) L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, répara ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions.

C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier. Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir.

C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi ». La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir. 

(…) La victime s’est dévouée sans réserve ; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).

 

Tout a été réconcilié, sur la terre comme au ciel, par le sang répandu sur la Croix

Crucifixion

« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’ (Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).  Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…)

Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers. 

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

La vie de l’esprit et celle de la matière ne doivent jamais être confondues sans tomber dans les plus grands dangers

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« Il existe dans la nature et principalement pour le mineur-homme, pour l’Adam dégradé et puni, deux vies très distinctes qu’on ne peut jamais confondre sans tomber dans les plus grands dangers ; L’une est la vie spirituelle-active ou de l’esprit, l’autre est la vie universelle passive qui est celle de la matière.

La vie de l’esprit n’est pas créée, mais elle est émanée avec l’être qui en jouit, du sein de Dieu où il l’a puisée. Elle est immortelle, indestructible, intelligente et active ; Elle pense, veut, agit et discerne, ce qui la constitue image et ressemblance de son principe générateur ; Elle se fortifie dans l’exercice du Bien, et ne peut que s’affaiblir et s’obscurcir dans celui du mal.

La vie animale passive, nommée aussi âme universelle du Monde créé, n’est que passagère, n’étant émané que pour un temps par les êtres spirituels-inférieurs, agents de la puissance sénaire du créateur qui reçurent de lui dès l’origine des choses créées, l’ordre et la puissante faculté d’émaner d’eux et de produire de leur propre feu cette vie générale qui anime, entretient et conserve pour le temps déterminé la masse entière de la création, toutes ses parties et chaque espèce d’Individus destinés à habiter l’espace créé, pendant la durée des siècles et qui ne sont mus dans cet espace que par un véhicule de cette vie générale qui est Insérée en eux.

Elle était tout à fait étrangère à l’homme dans son état primitif de pureté et d’innocence, mais depuis que par sa prévarication il a perdu ses premiers droits et s’est assimilé aux autres animaux, il a été condamné à vivre temporellement de la même vie qui était commune à tous les autres, et le distinguera éternellement de tous les animaux qui n’ont jamais participé à cette vie. »

(Jean-Baptiste Willermoz,  9ème Cahier, Explications préliminaires servant d’introduction aux chapitres suivants qui contiennent la description des faits spirituels concernant la création de l’Univers physique, temporel, et de ses parties principales…).

 

Les chefs de l’Eglise ne connurent les vérités de la doctrine que pendant les six premiers siècles du christianisme

Ambroise

« Voyant dans Dieu et dans l’homme, déchu de son état glorieux, les deux points extrêmes de l’ordre spirituel [ceux qui ne sentent point encore la nécessité d’une intervention directe et personnelles de la Divinité dans l’acte d’expiation satisfactoire que l’homme doit à la Justice divine, ceux-là], supposent dans les classes angéliques des agents spirituels intermédiaires assez purs et assez puissant pour rapprocher l’homme de Dieu, sans qu’il soit nécessaire que Dieu même se soumette à l’incarnation.

Le doute et l’erreur de ceux-là ne proviennent que de l’ignorance dans laquelle sont tombés généralement les hommes depuis longtemps sur la cause occasionnelle de la création de l’univers, sur les desseins de Dieu dans l’émanation et l’émancipation de l’homme, sur sa haute destination au centre de l’espace créé, et enfin sur les grands privilèges, la grande puissance et la grande supériorité qui lui furent donnés sur les tous les êtres bons et mauvais qui s’y trouvèrent placés avec lui. 

Toutes choses que les chefs de l’Eglise chrétienne, auxquels la connaissance n’était presque exclusivement réservée pendant les cinq à six premiers siècles du christianisme, ont parfaitement connues.

Mieux instruits sur ces points importants, ils en auraient conclu que pour réhabiliter un être si grand, si puissant, il fallait Dieu même. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Traité des deux natures, 1818).

L’homme-Dieu est formé dans le sein de Marie d’une triple substance (Esprit pur, Âme passive, Corps de matière), mais d’une matière pure et non souillée

Jésus au Temple

 

« Le Verbe Tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux Natures distinctes

C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintescentiel de la terre vierge de sa mère ; il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un Esprit pur, intelligent et immortel, d’une Âme passive ou vie passagère, et d’un Corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière.

C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la Nature humaine du prévaricateur et sa propre Nature divine. »

(J.-B. Willermoz, Le Traité des deux natures, MS 5940 n°5, Bibliothèque de Lyon).

 

La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel est un phénomène monstrueux

Memento

« La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel, qui suivit la prévarication de l’homme, fut un phénomène monstrueux pour tous les êtres spi­rituels. Il leur manifesta l’opposition extrême qui était entre la volonté de l’homme et la loi divine.

 En effet l’intelligence conçoit sans peine l’union d’un être spirituel et pensant avec une forme glorieuse impassive, telle qu’était celle de l’homme avant sa chute; mais elle ne peut concevoir la jonction d’un être intellectuel et immortel avec un corps de matière sujet à la corruption et à la mort. Cet assemblage inconcevable de deux natures si opposées est cependant aujourd’hui le triste apanage de l’homme. Par l’une, il fait éclater la grandeur et le noblesse de son origine; par l’autre, réduit à la condition des plus vils animaux, il est esclave des sensations et des besoins physiques.

Pour vous former une idée d’une jonction si honteuse pour lui, il est nécessaire de distinguer l’homme intelligent, image et ressemblance du Créateur de l’homme animal corporel, en similitude des animaux terrestres, et de vous faire connaître combien la nature des assemblages de matière est opposée à l’unité de la nature spirituelle. »

 (Jean-Baptiste Willermoz, Instructions secrètes des Chevaliers Grands Profès,  Bibliothèque Municipale de Lyon, MS 5916).

Dégagés de la servitude de la loi, nous sommes devenus esclaves du Verbe

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« Initiés, nous étions autrefois ensevelis dans les ténèbres, nous sommes maintenant la lumière du Seigneur ; c’est pourquoi les anciens appelèrent l’homme d’un nom qui signifie lumière. Ainsi l’espérance de ceux qui ont cru n’a point été trompée ; ils reçoivent dès à présent les arrhes de la vie éternelle ; car le Maître leur a dit : qu’il soit fait selon votre foi.

Voilà l’effet de cette œuvre divine en nous : nous ne sommes plus les mêmes hommes. La grâce de J.-C. a brisé nos liens, notre esprit a reçu une lumière éclatante ; mais les hommes qui sont encore dans les ténèbres ne peuvent concevoir comment la grâce nous a éclairés par la foi. Ils ne peuvent concevoir qu’étant ainsi dégagés de la servitude de la loi, nous sommes devenus esclaves du Verbe qui est la lumière du libre-arbitre : Je vous rends gloire, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et que vous les avez révélées aux simples et aux petits : oui, mon Père, cela est ainsi parce que vous l’avez voulu. 

Que celui donc qui veut obtenir ce prix dompte la concupiscence et ses désirs charnels, qu’il abjure l’orgueil de la science humaine. C’est par cette victoire qu’il obtiendra la foi qui régénère l’esprit, éclaire l’intelligence et embrase le cœur par le feu et la lumière céleste (Clément d’Alexandrie dans son Pédagogue, chap. 6).»

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Mes pensées et celles des autres, mises au jour et publiées pour la première fois par Robert Amadou, pensée 27, Renaissance Traditionnelle, n° 30 avril 1977, pp. 103-104).