Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Tag: Temple

Si les Frères avaient un vrai désir d’atteindre la perfection maçonnique

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« La tenue cérémonielle […] chaque mois est indispensable à jours et heures fixes […] cette tenue est consacrée aux réceptions d’Apprentis et aux promotions des Compagnons et des Maîtres et à défaut de ce genre de travail, ou concurremment  avec ce travail, à l’instruction générale des Frères. Cette tenue est toujours accompagnée d’un banquet maçonnique, qui doit être le seul pendant le mois, sauf les cas très extraordinaires.

En quoi consiste l’instruction générale des Frères ?

C’est toujours la lecture du Code, ou celle de la Règle Maçonnique, ou celle des Instructions annoncées au Rituel, et presque jamais rien de plus. Lorsque ces lectures sont terminées, on les recommence dans la séance suivante, de sorte que ceux qui n’y assistent pas n’y perdent que la répétition, et ces répétitions deviennent si fréquentes qu’on pourrait facilement apprendre ces choses par cœur  si à la fin elles ne devenaient pas fastidieuses.

Mes Chers Frères., si les cœurs étaient moins tièdes, moins apathiques ; s’ils étaient embrasés d’un vrai désir d’atteindre à la perfection maçonnique ; si les esprits étaient mieux disposés à l’amour des Règles et des Lois, et à plus de tendance au « But » qu’elles indiquent, on ne trouverait rien dans ses répétitions de monotone, de fastidieux, d’ennuyeux ; on viendrait les entendre chaque fois avec un nouvel empressement et s’en nourrir l’esprit et le cœur, parce que la vérité qui plaît est toujours pour l’esprit agréable et nouvelle. »

(J.-B. Willermoz, Lettre à Achard, 11,VIII, 1805).

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L’homme-Dieu Réparateur par le sacrifice de sa volonté reçut le témoignage de l’ange

Jésus dans le jardin

« Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice. (…) L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, répara ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions.

C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier. Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir.

C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi ». La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir. 

(…) La victime s’est dévouée sans réserve ; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).

 

Ne posons pas de bornes à l’amour de l’Être infini

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« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’(Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).

Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…) Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers.

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

Tout a été réconcilié, sur la terre comme au ciel, par le sang répandu sur la Croix

Crucifixion

« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’ (Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).  Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…)

Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers. 

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne plus lumineux doit succéder

Catafalque II

« Le lugubre appareil qui a frappé vos regards, en entrant dans la loge, et le cercueil placé au milieu du tapis qui représente l’intérieur du Temple, se rapportent aux cérémonies dont vous avez été l’objet et vous rappellent, en même temps, la mort et la fin de toutes les choses élémentaires, après leur durée passagère. […]

On vous a montré le tombeau qui vous attendait et vous y avez vu les tristes restes de celui qui a vécu. Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle, qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne, plus lumineux, doit succéder.

Le mausolée placé à l’occident vous a offert un spectacle plus consolant, en vous apprenant à distinguer ce qui doit périr d’avec ce qui est indestructible, et les maximes que vous avez reçues dans vos voyages vous ont appris ce que doit faire celui qui a eu le bonheur de connaître et de sentir cette distinction.»

(Régime Ecossais Rectifié, Rituel du grade de Maître, 1802).

Tout Esprit porte sa propre Lumière tant qu’il n’est point incorporisé dans la Matière

« Les Eléments de toute Corporisation quelconque ont été primitivement renfermés dans le Chaos ; au moment de son explosion et par le ministère des Agents secondaires qui y ont inséré un Principe de Vie passive, ils sont devenus les trois Eléments de la Matière Feu, Eau et Terre, ayant une destination future que l’homme a anticipée.

Voilà les Ténèbres qui proviennent de la Matière et ne sont point dans aucun cas une Lumière, car tout Esprit bon ou mauvais porte avec lui sa propre Lumière tant qu’il n’est point incorporisé dans la Matière où il la perd, ce qui expose l’homme égaré ou mal instruit à tant d’erreurs et de méprises dans ses visions.

Ainsi quand on parle des Ténèbres qui obscurcissent l’homme on veut parler des Ténèbres et de l’Obscurcissement de son intelligence et nullement de ce qu’on entend vulgairement par Ténèbres ou Lumière. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Turckheim, 12-18, VIII 1821).

Le culte n’a de valeur que parce que la Puissance Divine en est elle-même le Grand Prêtre

Christ en Croix

 

« Il y a toujours eu dans les diverses Régions de la terre, des Elus, qui ont présenté à l’Eternel en toute sainteté un encens pur et digne de lui ; comme vrais représentants de la famille humaine, au nom et en faveur de laquelle, ils imploraient la Bonté et la clémence Divine.

Et cela aurait il pu être autrement, sans que la terre, cet unique asile conservé à l’homme après son repentir, eut été changée en un affreux abîme, pour rester à jamais avec tous ses habitants en privation éternelle Divine : puisque dans cette dépravation universelle, aucun homme n’aurait pu mériter les regards du Créateur.

C’est ce qui vous a été annoncé par les Traditions, lorsque Dieu exigeait qu’il y eut au moins quelques justes dans Sodome, sur lesquels il pût reposer sa clémence. D’ailleurs, vous n’ignorez point que pour confesser le vrai culte dans l’Univers et sur la terre, une Puissance ineffable y a été envoyée par Décret de la miséricorde infinie, et qu’après avoir régénéré l’alliance entre Dieu et l’homme, elle ne cesse de vivifier dans la postérité humaine, un culte qui n’a de valeur que parce que cette Puissance toute Divine est elle-même le Grand Prêtre qui présente à l’Eternel, les offrandes pures des hommes de Désir. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Instruction des Profès, Bibliothèque Municipale de Lyon, Ms 5.475).

Vérité éternelle tu es la vie de l’homme sans laquelle notre être n’est qu’un néant

« Vérité éternelle, tu m’entoures de tes rayons, mais des ombres ténébreuses s’élèvent sans cesse de mon âme et m’empêchent de porter mes regards jusqu’à toi.

Tous les jours, le soir et au milieu de la nuit, le matin et le midi, je t’invoque avec ardeur. Mes efforts sont vains et inutiles. Le voile épais de mes affections matérielles m’ôte le vue de ta lumière.

Les images des objets auxquels j’ai livré mes sens, se placent en foule entre ton action bienfaisante et les faibles efforts de ma volonté ; elles m’égarent et m’entraînent par leurs illusions trompeuses. Tu m’échappes et je perds l’espoir de t’atteindre.

Ô vérité sans laquelle mon être n’est qu’un néant, je ne cesserai de t’invoquer. Jusqu’à ce que tu aies exaucé mon désir, mes vœux seront mon unique existence. Entends ma voix, viens actionner celui qui t’appelle avec tant d’ardeur.

J’abjure l’amour des objets sensibles ; c’est toi seul que je veux aimer et contempler à jamais comme mon unique vie. Car c’est toi qui es la vie de l’homme, et je sais avec évidence que ma destinée est de vivre toujours en toi et avec toi. »

Jean-Baptiste Willermoz, Mes pensées et celle des autres, B.M. de Lyon, MS 5526.

Les ministres de la religion traitent de novateurs ceux qui soutiennent la vérité de la doctrine

« L’initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l’homme de désir, de l’origine et formation de l’univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l’émanation et l’émancipation de l’homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l’incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc.

Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d’amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont été parfaitement connues des Chefs de l’Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu’aujourd’hui (…) les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité.

Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s’occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ? »

Lettre de Willermoz à Saltzmann, du 3 au 12 mai 1812, in Renaissance Traditionnelle, n° 147-148, 2006, pp. 202-203.