Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

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L’objet réel du culte consiste essentiellement à adorer Dieu en Esprit et en Vérité

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« Vous vous étonnerez peut-être et vos frères pourront s’étonner avec vous que dans un Ordre qui a plus besoin des qualités intérieures essentielles que de représentation extérieure, on mette tant d’importance à cette dernière, cela paraît contradictoire, et cependant ne l’est pas, prenons-en un exemple qui est sous nos yeux à tous les pas.

Voyez avec quel empressement, en toutes occasions et en tous lieux, on étale dans les solennités religieuses du Culte Catholique le plus grand luxe possible en illuminations, belles décorations, riches ornements, & qui sont totalement étrangers à l’objet réel de ce culte, qui consiste essentiellement, comme Jésus-Christ l’a déclaré à la Samaritaine, à adorer Dieu  »en Esprit et en Vérité ». Je sais que l’on donne à ce luxe des prétextes imposants et spécieux ; mais le véritable motif est que l’on veut parler aux yeux et frapper les sens de la multitude, pour la mieux disposer au respect qu’elle doit à l’Objet réel et Unique de ce Culte.

Quel est aussi le corps qui ne s’honore pas d’avoir pour Chefs des hommes respectables et respectés, dont la considération personnelle rejaillit sur tous les membres qui le composent. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, 1er au 8 IX, 1807).

 

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Toute la Classe d’Adam est souillée par la prévarication

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« Adam, tenté et séduit par le Démon, pèche grièvement par ses facultés de Pensée, de Volonté et d’Action. La multitude innombrable de sa classe en acquiert au même instant connaissance et pèche autant qu’elle en est capable. Les uns la repoussent de toute leur Volonté, d’autres y adhèrent plus ou moins, d’autres aussi y adhèrent de tout leur Vouloir. Ne pourrait-on pas voir dans les premiers les Justes ou les Prédestinés ou les Bénis de mon Père, dans les Seconds la tourbe des humains entraînés par les plaisirs et les séductions du Monde et dans les troisièmes les plus grands coquins, les plus grands scélérats des divers siècles ?

Toute la classe est donc souillée par la prévarication de l’homme, les plus justes restent chargés d’une grande solidarité pour les plus coupables, et il faudra que tous en acquittent leur part par leur séjour plus ou moins prolongé dans l’incorporisation matérielle et dans la mort corporelle qu’ils devront y subir, comme dans les peines expiatoires et purificatoires que la Miséricorde leur destine après le mort. 

Cette part a-t-elle été égale pour tous ?

– Réponse : Non ; elle est différente pour les uns et pour les autres, et presque nulle pour quelques autres […] »

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 18 août 1821).

L’homme-Dieu Réparateur par le sacrifice de sa volonté reçut le témoignage de l’ange

Jésus dans le jardin

« Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice. (…) L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, répara ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions.

C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier. Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir.

C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi ». La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir. 

(…) La victime s’est dévouée sans réserve ; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).

 

L’ineffable mystère de l’Incarnation divine selon Jean-Baptiste Willermoz

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L’archange Gabriel est envoyé par Dieu dans la petite ville de Nazareth à la Vierge Marie, pour lui annoncer la glorieuse maternité par laquelle elle est destinée à coopérer au grand oeuvre de la Rédemption des hommes. L’apparition subite de l’ange qui lui est député trouble l’âme de cette Vierge si pure ; sa pudeur s’alarme de la maternité qui lui est annoncée, déclarant ne connaître aucun homme. Elle n’y donne son consentement qu’après être entièrement tranquillisée sur les moyens, l’ange lui déclarant que sa maternité serait l’ouvrage de Dieu même par l’opération du seul Saint-Esprit, et que sa virginité resterait intacte.

A l’instant même de son consentement, commence l’accomplissement du grand Mystère ; car à ce même instant le Verbe de Dieu, qui est Dieu lui-même, la seconde Personne et puissance de la sainte Trinité, pressé par son ardent amour pour ses créatures humaines s’unit indissolublement et pour toute l’éternité à l’âme humaine, pure et sainte de Jésus, qui, par amour pour ses frères, et pour les réconcilier avec Dieu en satisfaisant pour eux à la Justice divine, s’est dévouée aux ignominies, aux souffrances et à la mort.

Le Verbe tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux natures distinctes.

C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintessenciel de la terre vierge de sa mère. Il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un esprit pur, intelligent et immortel, d’une âme passive ou vie passagère, et d’un corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière.

C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’Incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la nature humaine du prévaricateur et sa propre nature divine.

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(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).