Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

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L’homme précipité dans une forme corporelle matérielle vint ramper sur la terre

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L’homme devenu criminel, chassé du poste glorieux qu’il n’avait pas su défendre, et dépouillé de la forme impassible qu’il avait laissé souiller, fut précipité et lié dans une forme corporelle matérielle avec laquelle il vint ramper sur la surface terrestre, pour la transmettre dans un ordre successif a sa postérité.

Ce fut donc par un abus énorme de la liberté, et en agissant par une volonté contraire aux ordres qu’il avait reçus qu’il attira sur lui l’épouvantable châtiment, dont sa postérité restera la victime jusqu’à la fin des temps ; et son malheur serait irréparable, si Dieu, touché de son repentir, ne lui avait promis un Rédempteur qui le relèverait de sa chute, s’il le secondait par tous les efforts de sa volonté.

Puisqu’il est évident que c’est par l’abus qu’il a fait de son libre-arbitre et le mauvais usage de sa volonté que l’homme est devenu coupable et malheureux ; peut-il lui rester d’autres moyens pour sa réhabilitation que d’offrir sans cesse et du fond de son cœur, à son Créateur, le sacrifice entier de cette Liberté qui lui est devenue si fatale, et l’abandon absolu de sa volonté jusqu’à ce qu’il lui plaise de l’accepter.

(Jean-Baptiste Willermoz, 3e Cayer [C], FM 509, BN, « De la liberté et des facultés des êtres spirituels et de leur émancipation »).

 

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L’objet réel du culte consiste essentiellement à adorer Dieu en Esprit et en Vérité

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« Vous vous étonnerez peut-être et vos frères pourront s’étonner avec vous que dans un Ordre qui a plus besoin des qualités intérieures essentielles que de représentation extérieure, on mette tant d’importance à cette dernière, cela paraît contradictoire, et cependant ne l’est pas, prenons-en un exemple qui est sous nos yeux à tous les pas.

Voyez avec quel empressement, en toutes occasions et en tous lieux, on étale dans les solennités religieuses du Culte Catholique le plus grand luxe possible en illuminations, belles décorations, riches ornements, & qui sont totalement étrangers à l’objet réel de ce culte, qui consiste essentiellement, comme Jésus-Christ l’a déclaré à la Samaritaine, à adorer Dieu  »en Esprit et en Vérité ». Je sais que l’on donne à ce luxe des prétextes imposants et spécieux ; mais le véritable motif est que l’on veut parler aux yeux et frapper les sens de la multitude, pour la mieux disposer au respect qu’elle doit à l’Objet réel et Unique de ce Culte.

Quel est aussi le corps qui ne s’honore pas d’avoir pour Chefs des hommes respectables et respectés, dont la considération personnelle rejaillit sur tous les membres qui le composent. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, 1er au 8 IX, 1807).

 

Si les Frères avaient un vrai désir d’atteindre la perfection maçonnique

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« La tenue cérémonielle […] chaque mois est indispensable à jours et heures fixes […] cette tenue est consacrée aux réceptions d’Apprentis et aux promotions des Compagnons et des Maîtres et à défaut de ce genre de travail, ou concurremment  avec ce travail, à l’instruction générale des Frères. Cette tenue est toujours accompagnée d’un banquet maçonnique, qui doit être le seul pendant le mois, sauf les cas très extraordinaires.

En quoi consiste l’instruction générale des Frères ?

C’est toujours la lecture du Code, ou celle de la Règle Maçonnique, ou celle des Instructions annoncées au Rituel, et presque jamais rien de plus. Lorsque ces lectures sont terminées, on les recommence dans la séance suivante, de sorte que ceux qui n’y assistent pas n’y perdent que la répétition, et ces répétitions deviennent si fréquentes qu’on pourrait facilement apprendre ces choses par cœur  si à la fin elles ne devenaient pas fastidieuses.

Mes Chers Frères., si les cœurs étaient moins tièdes, moins apathiques ; s’ils étaient embrasés d’un vrai désir d’atteindre à la perfection maçonnique ; si les esprits étaient mieux disposés à l’amour des Règles et des Lois, et à plus de tendance au « But » qu’elles indiquent, on ne trouverait rien dans ses répétitions de monotone, de fastidieux, d’ennuyeux ; on viendrait les entendre chaque fois avec un nouvel empressement et s’en nourrir l’esprit et le cœur, parce que la vérité qui plaît est toujours pour l’esprit agréable et nouvelle. »

(J.-B. Willermoz, Lettre à Achard, 11,VIII, 1805).