Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Tag: Classe symbolique

Si les Frères avaient un vrai désir d’atteindre la perfection maçonnique

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« La tenue cérémonielle […] chaque mois est indispensable à jours et heures fixes […] cette tenue est consacrée aux réceptions d’Apprentis et aux promotions des Compagnons et des Maîtres et à défaut de ce genre de travail, ou concurremment  avec ce travail, à l’instruction générale des Frères. Cette tenue est toujours accompagnée d’un banquet maçonnique, qui doit être le seul pendant le mois, sauf les cas très extraordinaires.

En quoi consiste l’instruction générale des Frères ?

C’est toujours la lecture du Code, ou celle de la Règle Maçonnique, ou celle des Instructions annoncées au Rituel, et presque jamais rien de plus. Lorsque ces lectures sont terminées, on les recommence dans la séance suivante, de sorte que ceux qui n’y assistent pas n’y perdent que la répétition, et ces répétitions deviennent si fréquentes qu’on pourrait facilement apprendre ces choses par cœur  si à la fin elles ne devenaient pas fastidieuses.

Mes Chers Frères., si les cœurs étaient moins tièdes, moins apathiques ; s’ils étaient embrasés d’un vrai désir d’atteindre à la perfection maçonnique ; si les esprits étaient mieux disposés à l’amour des Règles et des Lois, et à plus de tendance au « But » qu’elles indiquent, on ne trouverait rien dans ses répétitions de monotone, de fastidieux, d’ennuyeux ; on viendrait les entendre chaque fois avec un nouvel empressement et s’en nourrir l’esprit et le cœur, parce que la vérité qui plaît est toujours pour l’esprit agréable et nouvelle. »

(J.-B. Willermoz, Lettre à Achard, 11,VIII, 1805).

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Nos Loges ne sont point des écoles de théologie ni d’autres objets profanes


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« Malgré tous ces rapports de l’institution primitive avec la religion, les lois maçonniques interdisent expressément dans les Loges toutes discussions sur les matières de religion, de politique, et de toutes sciences profanes. Cette règle est infiniment sage et doit être bien conservée, car nos Loges sont partout des écoles de morale religieuse, sociale et patriotique, où l’on apprend à exercer la bienfaisance dans toute son étendue, et ne sont point des écoles de théologie, de politique, ni d’autres objets profanes. D’un autre côté, vu la diver­sité des opinions humaines dans tous les genres, ces lois ont dû interdire toutes discussions qui pourraient tendre à troubler la paix, l’union et la concorde frater­nelle.

 En supposant même que le terme final de l’institution maçonnique pût donner à ceux qui l’atteignent des lumières suffisantes pour résoudre précisément les questions et discussions religieuses qui auraient pu s’é­lever entre les Frères s’il leur était permis de s’y li­vrer, où serait, dans les Loges symboliques, le tribunal assez éclairé pour apprécier leurs décisions et les faire respecter ?

Ainsi donc, nous le répétons, les lois qui interdisent expressément toutes discussions sur ces ma­tières sont infiniment sages et doivent être rigoureuse­ment observées. »

(J.-B. Willermoz, Rituel de Maître Ecossais de Saint-André, Instruction finale, MS 5922/2,  BM Lyon, 1809).

L’Ordre Maçonnique dépend entièrement du rétablissement de l’unité primitive

Phénix X

« Des Loges entières dans diverses contrées, sentant la nécessité d’un centre commun, dépositaire d’une autorité législative, se réunirent et coopérèrent à la formation de divers grands Orients. C’était déjà de leur part un grand pas vers la lumière ; mais à défaut d’en connaître le vrai point central et le dépôt des lois primitives, elles suppléèrent au régime fondamental par des régimes arbitraires particuliers ou nationaux, par des lois qui ont pu s’y adapter. Elles ont eu le mérite d’opposer un frein à la licence destructive, qui dominait partout, mais ne tenant point à la chaîne générale, elles en ont rompu l’unité en variant les systèmes.

Des Maçons de diverses contrées de France, convaincus que la prospérité et la stabilité de l’Ordre Maçonnique dépendaient entièrement du rétablissement de cette unité primitive, ne trouvant point chez ceux qui ont voulu se l’approprier, les signes qui doivent la caractériser, et enhardis dans leurs recherches par ce qu’ils avaient appris sur l’ancienneté de l’Ordre des Francs-Maçons, fondé sur la tradition la plus constante, sont enfin parvenus à en découvrir le berceau.

Avec du zèle et de la persévérance, ils ont surmonté tous les obstacles, et en participant aux avantages d’une administration sage et éclairée, ils ont eu le bonheur de retrouver les traces précieuses de l’ancienneté et du but de la Maçonnerie.»

Code des Loges Maçonniques Réunies et Rectifiées de France, 1778.

Un classe sacerdotale intolérante cherche à persuader que tout ce qui n’est plus connu des prêtres est faux, et un tissu d’erreurs et de nouveautés dangereuses

« Nous ne pouvions donc pas passer sous silence cette classe devenue la plus intolérante, la plus obstinée dans son système, et la plus dangereuse, puisqu’elle se glorifie quelques fois de son ignorance. Ceux qui la composent, hardis et tranchants dans leurs décisions, présomptueux dans leurs prétentions, et dominés, peut être sans s’en douter par un certain orgueil sacerdotal, qui souvent saisit les cœurs les plus humbles, qui tend à identifier leur personnes avec le sacré caractère dont elles sont revêtus, et affectent trop habilement le ton et le langage dédaigneux d’une morgue théologique, qui décèle le dépit secret d’ignorer ce qui est connu, révéré et recherché par d’autres hommes estimables, instruits et très religieux.

Ils s’abusent enfin jusqu’à vouloir persuader que tout ce qui n’est plus connu d’eux ni des professeurs de leurs premières études est faux et illusoire, et n’est qu’un tissu d’erreurs et de nouveautés dangereuses contre lesquelles on ne saurait trop se tenir en garde. Souhaitons qu’ils reconnaissent leur erreur, et qu’ils reviennent de leurs funestes préventions, qui ne peuvent que les priver pour toujours de ce qui faisait la force et la consolation de leurs prédécesseurs dans le saint ministère qu’ils exercent.

Mais nous en avons assez dit pour justifier le conseil que nous avons donné en commençant cet article, d’étudier avec soin les traditions religieuses écrites, et celles plus secrètes qui ne le sont pas. Revenons maintenant aux moyens personnels laissés à l’homme déchu de pouvoir parvenir à la connaissance si nécessaire pour lui de son Dieu et de ses œuvres, et à celle non moins importante de tous les rapports essentiels qui l’unissent à son créateur. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Cahier D 5e , Bibliothèque Nationale de Paris, 1806-1818).

La discipline maçonnique et les vertus que l’Ordre enseigne

« C’est en veillant religieusement sur , qu’on réussira à déraciner entièrement les préjugés du vulgaire contre notre Institut, et qu’on rassurera tous les hommes sur le genre et l’objet de nos travaux. Un père éclairé, une mère tendre désireront le moment qu’ils redoutaient jusqu’ici, celui qui ouvrira à leurs enfants les portes de notre temple. On s’accoutumera à regarder nos Loges comme des écoles de bienfaisance, et on envi­sagera la réception d’un homme, comme le garant de son mérite.

Les voyageurs, séparés de leurs amis, ont plus besoin que d’autres de l’attention et des soins paternels des Loges. L’on ne se contente donc pas de le pourvoir de certificats ; on les recommande spécia­lement à l’amitié et à la bienveillance des Loges et des Frères, qui les composent, et les prie de remplacer auprès d’eux les Frères qu’ils viennent de quitter, de les aider de leur conseil et de leur crédit, et de les secourir dans le besoin en les assurant de la réciprocité la plus parfaite.

Ces soins bienfaisants, imposés comme devoirs stricts et indispensables, deviennent pour les vrais Francs-Maçons des sentiments nécessaires à leur bonheur ; indépendamment de l’estime publique, la pratique des vertus procure des jouissances vraies et durables  ceux, qui les remplissent fidèlement. C’est en aimant qu’on se fait aimer, et ce n’est que quand on inspire ce sentiment, que l’exemple des vertus qu’on donne, produit des effets salutaires et durables. »

Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, 1778.