Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

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L’homme-Dieu Réparateur par le sacrifice de sa volonté reçut le témoignage de l’ange

Jésus dans le jardin

« Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice. (…) L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, répara ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions.

C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier. Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir.

C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi ». La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir. 

(…) La victime s’est dévouée sans réserve ; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).

 

Ne posons pas de bornes à l’amour de l’Être infini

philippe-de-champaigne-christ-en-croix

 

« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’(Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).

Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…) Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers.

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

L’homme-Dieu est formé dans le sein de Marie d’une triple substance (Esprit pur, Âme passive, Corps de matière), mais d’une matière pure et non souillée

Jésus au Temple

 

« Le Verbe Tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux Natures distinctes

C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintescentiel de la terre vierge de sa mère ; il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un Esprit pur, intelligent et immortel, d’une Âme passive ou vie passagère, et d’un Corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière.

C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la Nature humaine du prévaricateur et sa propre Nature divine. »

(J.-B. Willermoz, Le Traité des deux natures, MS 5940 n°5, Bibliothèque de Lyon).

 

La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel est un phénomène monstrueux

Memento

« La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel, qui suivit la prévarication de l’homme, fut un phénomène monstrueux pour tous les êtres spi­rituels. Il leur manifesta l’opposition extrême qui était entre la volonté de l’homme et la loi divine.

 En effet l’intelligence conçoit sans peine l’union d’un être spirituel et pensant avec une forme glorieuse impassive, telle qu’était celle de l’homme avant sa chute; mais elle ne peut concevoir la jonction d’un être intellectuel et immortel avec un corps de matière sujet à la corruption et à la mort. Cet assemblage inconcevable de deux natures si opposées est cependant aujourd’hui le triste apanage de l’homme. Par l’une, il fait éclater la grandeur et le noblesse de son origine; par l’autre, réduit à la condition des plus vils animaux, il est esclave des sensations et des besoins physiques.

Pour vous former une idée d’une jonction si honteuse pour lui, il est nécessaire de distinguer l’homme intelligent, image et ressemblance du Créateur de l’homme animal corporel, en similitude des animaux terrestres, et de vous faire connaître combien la nature des assemblages de matière est opposée à l’unité de la nature spirituelle. »

 (Jean-Baptiste Willermoz, Instructions secrètes des Chevaliers Grands Profès,  Bibliothèque Municipale de Lyon, MS 5916).

Tout Esprit porte sa propre Lumière tant qu’il n’est point incorporisé dans la Matière

« Les Eléments de toute Corporisation quelconque ont été primitivement renfermés dans le Chaos ; au moment de son explosion et par le ministère des Agents secondaires qui y ont inséré un Principe de Vie passive, ils sont devenus les trois Eléments de la Matière Feu, Eau et Terre, ayant une destination future que l’homme a anticipée.

Voilà les Ténèbres qui proviennent de la Matière et ne sont point dans aucun cas une Lumière, car tout Esprit bon ou mauvais porte avec lui sa propre Lumière tant qu’il n’est point incorporisé dans la Matière où il la perd, ce qui expose l’homme égaré ou mal instruit à tant d’erreurs et de méprises dans ses visions.

Ainsi quand on parle des Ténèbres qui obscurcissent l’homme on veut parler des Ténèbres et de l’Obscurcissement de son intelligence et nullement de ce qu’on entend vulgairement par Ténèbres ou Lumière. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Turckheim, 12-18, VIII 1821).