Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Tout a été réconcilié, sur la terre comme au ciel, par le sang répandu sur la Croix

Crucifixion

« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’ (Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).  Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…)

Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers. 

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

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La vie de l’esprit et celle de la matière ne doivent jamais être confondues sans tomber dans les plus grands dangers

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« Il existe dans la nature et principalement pour le mineur-homme, pour l’Adam dégradé et puni, deux vies très distinctes qu’on ne peut jamais confondre sans tomber dans les plus grands dangers ; L’une est la vie spirituelle-active ou de l’esprit, l’autre est la vie universelle passive qui est celle de la matière.

La vie de l’esprit n’est pas créée, mais elle est émanée avec l’être qui en jouit, du sein de Dieu où il l’a puisée. Elle est immortelle, indestructible, intelligente et active ; Elle pense, veut, agit et discerne, ce qui la constitue image et ressemblance de son principe générateur ; Elle se fortifie dans l’exercice du Bien, et ne peut que s’affaiblir et s’obscurcir dans celui du mal.

La vie animale passive, nommée aussi âme universelle du Monde créé, n’est que passagère, n’étant émané que pour un temps par les êtres spirituels-inférieurs, agents de la puissance sénaire du créateur qui reçurent de lui dès l’origine des choses créées, l’ordre et la puissante faculté d’émaner d’eux et de produire de leur propre feu cette vie générale qui anime, entretient et conserve pour le temps déterminé la masse entière de la création, toutes ses parties et chaque espèce d’Individus destinés à habiter l’espace créé, pendant la durée des siècles et qui ne sont mus dans cet espace que par un véhicule de cette vie générale qui est Insérée en eux.

Elle était tout à fait étrangère à l’homme dans son état primitif de pureté et d’innocence, mais depuis que par sa prévarication il a perdu ses premiers droits et s’est assimilé aux autres animaux, il a été condamné à vivre temporellement de la même vie qui était commune à tous les autres, et le distinguera éternellement de tous les animaux qui n’ont jamais participé à cette vie. »

(Jean-Baptiste Willermoz,  9ème Cahier, Explications préliminaires servant d’introduction aux chapitres suivants qui contiennent la description des faits spirituels concernant la création de l’Univers physique, temporel, et de ses parties principales…).

 

Les chefs de l’Eglise ne connurent les vérités de la doctrine que pendant les six premiers siècles du christianisme

Ambroise

« Voyant dans Dieu et dans l’homme, déchu de son état glorieux, les deux points extrêmes de l’ordre spirituel [ceux qui ne sentent point encore la nécessité d’une intervention directe et personnelles de la Divinité dans l’acte d’expiation satisfactoire que l’homme doit à la Justice divine, ceux-là], supposent dans les classes angéliques des agents spirituels intermédiaires assez purs et assez puissant pour rapprocher l’homme de Dieu, sans qu’il soit nécessaire que Dieu même se soumette à l’incarnation.

Le doute et l’erreur de ceux-là ne proviennent que de l’ignorance dans laquelle sont tombés généralement les hommes depuis longtemps sur la cause occasionnelle de la création de l’univers, sur les desseins de Dieu dans l’émanation et l’émancipation de l’homme, sur sa haute destination au centre de l’espace créé, et enfin sur les grands privilèges, la grande puissance et la grande supériorité qui lui furent donnés sur les tous les êtres bons et mauvais qui s’y trouvèrent placés avec lui. 

Toutes choses que les chefs de l’Eglise chrétienne, auxquels la connaissance n’était presque exclusivement réservée pendant les cinq à six premiers siècles du christianisme, ont parfaitement connues.

Mieux instruits sur ces points importants, ils en auraient conclu que pour réhabiliter un être si grand, si puissant, il fallait Dieu même. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Traité des deux natures, 1818).

L’homme-Dieu est formé dans le sein de Marie d’une triple substance (Esprit pur, Âme passive, Corps de matière), mais d’une matière pure et non souillée

Jésus au Temple

 

« Le Verbe Tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux Natures distinctes

C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintescentiel de la terre vierge de sa mère ; il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un Esprit pur, intelligent et immortel, d’une Âme passive ou vie passagère, et d’un Corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière.

C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la Nature humaine du prévaricateur et sa propre Nature divine. »

(J.-B. Willermoz, Le Traité des deux natures, MS 5940 n°5, Bibliothèque de Lyon).

 

La ressemblance divine, qui fut le partage de l’homme dans son état d’innocence, est le but du Christianisme

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« Si les leçons que l’Ordre t’adresse, pour te faciliter le chemin de la vérité et du bonheur, se gravent profondément dans ton âme docile et ouverte aux impressions de la vertu ; si les maximes salutaires, qui marqueront pour ainsi dire chaque pas que tu feras dans la carrière maçonnique, deviennent tes propres principes et la règle invariable de tes actions ; ô mon Frère, quelle sera notre joie !

Tu accompliras ta sublime destinée, tu recouvreras cette ressemblance divine, qui fut le partage de l’homme dans son état d’innocence, qui est le but du Christianisme, et dont l’initiation maçonnique fait son objet principal.

Tu redeviendras la créature chérie du Ciel : ses bénédictions fécondes s’arrêteront sur toi ; et méritant le titre glorieux de sage, toujours libre, heureux et constant, tu marcheras sur cette terre l’égal des rois, le bienfaiteur des hommes, et le modèle de tes Frères. »

Règle Maçonnique en neuf points, rédigée en Convent Général de l’Ordre l’an 1782.

L’Ordre Maçonnique dépend entièrement du rétablissement de l’unité primitive

Phénix X

« Des Loges entières dans diverses contrées, sentant la nécessité d’un centre commun, dépositaire d’une autorité législative, se réunirent et coopérèrent à la formation de divers grands Orients. C’était déjà de leur part un grand pas vers la lumière ; mais à défaut d’en connaître le vrai point central et le dépôt des lois primitives, elles suppléèrent au régime fondamental par des régimes arbitraires particuliers ou nationaux, par des lois qui ont pu s’y adapter. Elles ont eu le mérite d’opposer un frein à la licence destructive, qui dominait partout, mais ne tenant point à la chaîne générale, elles en ont rompu l’unité en variant les systèmes.

Des Maçons de diverses contrées de France, convaincus que la prospérité et la stabilité de l’Ordre Maçonnique dépendaient entièrement du rétablissement de cette unité primitive, ne trouvant point chez ceux qui ont voulu se l’approprier, les signes qui doivent la caractériser, et enhardis dans leurs recherches par ce qu’ils avaient appris sur l’ancienneté de l’Ordre des Francs-Maçons, fondé sur la tradition la plus constante, sont enfin parvenus à en découvrir le berceau.

Avec du zèle et de la persévérance, ils ont surmonté tous les obstacles, et en participant aux avantages d’une administration sage et éclairée, ils ont eu le bonheur de retrouver les traces précieuses de l’ancienneté et du but de la Maçonnerie.»

Code des Loges Maçonniques Réunies et Rectifiées de France, 1778.

La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel est un phénomène monstrueux

Memento

« La jonction d’un être intelligent avec un corps matériel, qui suivit la prévarication de l’homme, fut un phénomène monstrueux pour tous les êtres spi­rituels. Il leur manifesta l’opposition extrême qui était entre la volonté de l’homme et la loi divine.

 En effet l’intelligence conçoit sans peine l’union d’un être spirituel et pensant avec une forme glorieuse impassive, telle qu’était celle de l’homme avant sa chute; mais elle ne peut concevoir la jonction d’un être intellectuel et immortel avec un corps de matière sujet à la corruption et à la mort. Cet assemblage inconcevable de deux natures si opposées est cependant aujourd’hui le triste apanage de l’homme. Par l’une, il fait éclater la grandeur et le noblesse de son origine; par l’autre, réduit à la condition des plus vils animaux, il est esclave des sensations et des besoins physiques.

Pour vous former une idée d’une jonction si honteuse pour lui, il est nécessaire de distinguer l’homme intelligent, image et ressemblance du Créateur de l’homme animal corporel, en similitude des animaux terrestres, et de vous faire connaître combien la nature des assemblages de matière est opposée à l’unité de la nature spirituelle. »

 (Jean-Baptiste Willermoz, Instructions secrètes des Chevaliers Grands Profès,  Bibliothèque Municipale de Lyon, MS 5916).

Dégagés de la servitude de la loi, nous sommes devenus esclaves du Verbe

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« Initiés, nous étions autrefois ensevelis dans les ténèbres, nous sommes maintenant la lumière du Seigneur ; c’est pourquoi les anciens appelèrent l’homme d’un nom qui signifie lumière. Ainsi l’espérance de ceux qui ont cru n’a point été trompée ; ils reçoivent dès à présent les arrhes de la vie éternelle ; car le Maître leur a dit : qu’il soit fait selon votre foi.

Voilà l’effet de cette œuvre divine en nous : nous ne sommes plus les mêmes hommes. La grâce de J.-C. a brisé nos liens, notre esprit a reçu une lumière éclatante ; mais les hommes qui sont encore dans les ténèbres ne peuvent concevoir comment la grâce nous a éclairés par la foi. Ils ne peuvent concevoir qu’étant ainsi dégagés de la servitude de la loi, nous sommes devenus esclaves du Verbe qui est la lumière du libre-arbitre : Je vous rends gloire, mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que vous avez caché ces choses aux sages et aux prudents, et que vous les avez révélées aux simples et aux petits : oui, mon Père, cela est ainsi parce que vous l’avez voulu. 

Que celui donc qui veut obtenir ce prix dompte la concupiscence et ses désirs charnels, qu’il abjure l’orgueil de la science humaine. C’est par cette victoire qu’il obtiendra la foi qui régénère l’esprit, éclaire l’intelligence et embrase le cœur par le feu et la lumière céleste (Clément d’Alexandrie dans son Pédagogue, chap. 6).»

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Mes pensées et celles des autres, mises au jour et publiées pour la première fois par Robert Amadou, pensée 27, Renaissance Traditionnelle, n° 30 avril 1977, pp. 103-104).

Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne plus lumineux doit succéder

Catafalque II

« Le lugubre appareil qui a frappé vos regards, en entrant dans la loge, et le cercueil placé au milieu du tapis qui représente l’intérieur du Temple, se rapportent aux cérémonies dont vous avez été l’objet et vous rappellent, en même temps, la mort et la fin de toutes les choses élémentaires, après leur durée passagère. […]

On vous a montré le tombeau qui vous attendait et vous y avez vu les tristes restes de celui qui a vécu. Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle, qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne, plus lumineux, doit succéder.

Le mausolée placé à l’occident vous a offert un spectacle plus consolant, en vous apprenant à distinguer ce qui doit périr d’avec ce qui est indestructible, et les maximes que vous avez reçues dans vos voyages vous ont appris ce que doit faire celui qui a eu le bonheur de connaître et de sentir cette distinction.»

(Régime Ecossais Rectifié, Rituel du grade de Maître, 1802).