Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Catégorie: Néant

Toute la Classe d’Adam est souillée par la prévarication

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« Adam, tenté et séduit par le Démon, pèche grièvement par ses facultés de Pensée, de Volonté et d’Action. La multitude innombrable de sa classe en acquiert au même instant connaissance et pèche autant qu’elle en est capable. Les uns la repoussent de toute leur Volonté, d’autres y adhèrent plus ou moins, d’autres aussi y adhèrent de tout leur Vouloir. Ne pourrait-on pas voir dans les premiers les Justes ou les Prédestinés ou les Bénis de mon Père, dans les Seconds la tourbe des humains entraînés par les plaisirs et les séductions du Monde et dans les troisièmes les plus grands coquins, les plus grands scélérats des divers siècles ?

Toute la classe est donc souillée par la prévarication de l’homme, les plus justes restent chargés d’une grande solidarité pour les plus coupables, et il faudra que tous en acquittent leur part par leur séjour plus ou moins prolongé dans l’incorporisation matérielle et dans la mort corporelle qu’ils devront y subir, comme dans les peines expiatoires et purificatoires que la Miséricorde leur destine après le mort. 

Cette part a-t-elle été égale pour tous ?

– Réponse : Non ; elle est différente pour les uns et pour les autres, et presque nulle pour quelques autres […] »

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 18 août 1821).

Ne posons pas de bornes à l’amour de l’Être infini

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« Le sang répandu au Calvaire n’avait pas été seulement utile aux hommes, mais aux anges, aux astres, et à tous les êtres créés ; ce qui ne paraîtra pas surprenant à celui qui se rappellera ce que saint Paul a dit : ‘‘Il a plu à Dieu de réconcilier toutes choses par celui qui est le principe de la vie, et le premier-né entre les morts, ayant pacifié par le sang qu’il a répandu sur la croix, tant ce qui est en la terre que ce qui est au ciel.’’(Coloss. I, 20. Ephes. I, 10).

Et si toutes les créatures gémissent (Rom., VIII, 22), suivant la profonde doctrine du même apôtre, pourquoi ne devaient-elles pas êtres toutes consolées? (…) Au commencement du Ve siècle de l’Église, c’était encore une opinion reçue que la rédemption appartenait au ciel autant qu’à la terre, et saint Chrysostome ne doutait pas que le même sacrifice, continué jusqu’à la fin des temps, et célébré chaque jour par les ministres légitimes, n’opérât de même pour tout l’univers.

C’est dans cette immense latitude qu’Origène envisageait l’effet du grand sacrifice : ‘‘Mais que cette théorie, dit-il, tienne à des mystères célestes, c’est ce que l’apôtre nous déclare lui-même lorsqu’il nous dit : Qu’il était nécessaire que ce qui n’était que figure des choses célestes, fût purifié par le sang des animaux; mais que les célestes mêmes le fussent par des victimes plus excellentes que les premières (Heb., IX, 23). Contemplez l’expiation de tout le monde, c’est-à-dire des régions célestes, terrestres et inférieures, et voyez de combien de victimes elles avaient besoin !… Mais l’agneau seul a pu ôter les péchés de tout le monde.’’ (Orig., Hom. XXIX, in Num.).

Ne rapetissons pas misérablement l’Etre infini en posant des bornes ridicules à sa puissance et à son amour. »

(Joseph de Maistre, Eclaircissements sur les sacrifices, 1821).

L’homme est assujetti à une expiation spirituelle et à une purification corporelle

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« Il faut aujourd’hui, pour retourner à ce centre dont [l’homme] est descendu, qu’il remonte par le même chemin et qu’il paie à chacun de ses agents principaux le tribut d’expiation et de justice qu’il s’est imposé pour recouvrir les sept dons spirituels qu’il possédait dans la plénitude.

C’est ce tribut d’expiation et de justice que l’homme doit commencer à payer ici-bas, quoiqu’il ne puisse pas l’acquitter pleinement tant qu’il est lié à cette forme de matière qui l’expose sans cesse à de nouveaux dangers. Son travail ici-bas est de se purger avec grand soin des sept vices, ou péchés capitaux, opposés aux sept vertus qui peuvent seules lui procurer les sept dons de l’esprit.

(…) Comme l’homme est exposé à pécher spirituellement et corporellement, il est donc assujetti à une expiation spirituelle et à une purification corporelle. L’une et l’autre doivent être aussi unies que les deux natures par lesquelles il pèche.

L’orgueil est le crime de l’esprit, c’est donc par l’humilité la plus profonde devant le Créateur qu’il faut le combattre ; les sens nous font la guerre, il faut donc les mortifier. »

(J.-B. Willermoz, Leçons de Lyon aux élus coëns n°103, mercredi 22 octobre 1776).

L’homme-Dieu est formé dans le sein de Marie d’une triple substance (Esprit pur, Âme passive, Corps de matière), mais d’une matière pure et non souillée

Jésus au Temple

 

« Le Verbe Tout-puissant de Dieu, l’image et la splendeur du Père éternel descend des cieux pour venir s’incorporiser avec l’âme humaine de Jésus dans le chaste sein de la bienheureuse Vierge Marie, pour ne plus être éternellement les deux ensemble qu’une seule et même Personne en deux Natures distinctes

C’est donc au moment de son consentement que l’homme-Dieu est formé corporellement dans le sein virginal de Marie, de sa pure substance, de ce vrai et pur limon quintescentiel de la terre vierge de sa mère ; il y est formé et composé, comme tous les autres hommes qui viennent pour un temps sur la Terre, d’une triple substance, c’est-à-dire d’un Esprit pur, intelligent et immortel, d’une Âme passive ou vie passagère, et d’un Corps de matière, mais d’une matière pure et non souillée qui ne provient point, comme chez tous les autres hommes, de la concupiscence des sens, mais uniquement de l’opération du Saint-Esprit, sans le concours d’aucun homme, ni d’aucun agent physique de la matière.

C’est par ce prodige de l’amour infini de Dieu pour sa créature chérie et séduite, devenue par son crime pour toujours l’esclave et la victime du Démon, que s’est accompli l’ineffable et incompréhensible mystère de l’incarnation divine pour la rédemption des hommes, par Jésus-Christ notre unique Seigneur et Maître, qui a bien voulu, pour en assurer l’effet, réunir en lui par une union indissoluble la Nature humaine du prévaricateur et sa propre Nature divine. »

(J.-B. Willermoz, Le Traité des deux natures, MS 5940 n°5, Bibliothèque de Lyon).

 

Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne plus lumineux doit succéder

Catafalque II

« Le lugubre appareil qui a frappé vos regards, en entrant dans la loge, et le cercueil placé au milieu du tapis qui représente l’intérieur du Temple, se rapportent aux cérémonies dont vous avez été l’objet et vous rappellent, en même temps, la mort et la fin de toutes les choses élémentaires, après leur durée passagère. […]

On vous a montré le tombeau qui vous attendait et vous y avez vu les tristes restes de celui qui a vécu. Ce tombeau est l’emblème de la matière universelle, qui doit finir dans son tout comme dans ses parties, et à laquelle un nouveau règne, plus lumineux, doit succéder.

Le mausolée placé à l’occident vous a offert un spectacle plus consolant, en vous apprenant à distinguer ce qui doit périr d’avec ce qui est indestructible, et les maximes que vous avez reçues dans vos voyages vous ont appris ce que doit faire celui qui a eu le bonheur de connaître et de sentir cette distinction.»

(Régime Ecossais Rectifié, Rituel du grade de Maître, 1802).

L’homme primitif pur n’était pas encore condamné à l’incorporisation matérielle qui fait aujourd’hui son supplice et son châtiment

« Je distingue ici l’esprit et le cœur parce que ce sont deux puissances ou facultés intellectuelles qu’il ne faut point confondre. L’esprit voit, conçoit, raisonne, compose, discute et juge tout ce qui lui est soumis.

Le cœur sent, adopte ou rejette et ne discute point; c’est pourquoi je n’ai jamais été éloigné de penser que l’homme primitif pur, qui n’avait pas besoin de sexe reproductif de sa nature, puisqu’il n’était pas encore condamné, ni lui ni tous les siens à l’incorporisation matérielle qui fait aujourd’hui son supplice et son châtiment, eut deux facultés intellectuelles inhérentes à son être, lesquelles étaient vraiment les deux sexes figuratifs réunis en sa personne, mentionnés dans la Genèse, dont les traducteurs et les interprètes ont si complètement matérialisé les expressions dans les chapitres suivants, qu’il est presqu’impossible d’y connaître aucunes vérités fondamentales.

Car par l’intelligence dont le siège réside nécessairement dans la tête, il pouvait, comme il peut encore, connaître et adorer son Créateur, et par la sensibilité qui est en lui l’organe de l’amour et dont le siège principal est dans le cœur, il pouvait l’aimer et le servir, ce qui complétait le culte d’adoration, d’amour et de gratitude qu’il lui devait en esprit et en vérité. »

Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 25 mars 1822.

 

Vérité éternelle tu es la vie de l’homme sans laquelle notre être n’est qu’un néant

« Vérité éternelle, tu m’entoures de tes rayons, mais des ombres ténébreuses s’élèvent sans cesse de mon âme et m’empêchent de porter mes regards jusqu’à toi.

Tous les jours, le soir et au milieu de la nuit, le matin et le midi, je t’invoque avec ardeur. Mes efforts sont vains et inutiles. Le voile épais de mes affections matérielles m’ôte le vue de ta lumière.

Les images des objets auxquels j’ai livré mes sens, se placent en foule entre ton action bienfaisante et les faibles efforts de ma volonté ; elles m’égarent et m’entraînent par leurs illusions trompeuses. Tu m’échappes et je perds l’espoir de t’atteindre.

Ô vérité sans laquelle mon être n’est qu’un néant, je ne cesserai de t’invoquer. Jusqu’à ce que tu aies exaucé mon désir, mes vœux seront mon unique existence. Entends ma voix, viens actionner celui qui t’appelle avec tant d’ardeur.

J’abjure l’amour des objets sensibles ; c’est toi seul que je veux aimer et contempler à jamais comme mon unique vie. Car c’est toi qui es la vie de l’homme, et je sais avec évidence que ma destinée est de vivre toujours en toi et avec toi. »

Jean-Baptiste Willermoz, Mes pensées et celle des autres, B.M. de Lyon, MS 5526.

La Justice de Dieu a revêtu l’homme d’un corps de matière identique à celui des animaux

« La justice de Dieu, justement irritée de l’excès d’ingratitude de l’homme qui venait d’abuser si horriblement de son amour et de ses dons, prononça un jugement effroyable contre lui, et par une suite nécessaire, contre toute sa postérité ; il le condamna à la mort dont il l’avait menacé en cas d’infidélité. Il l’expulsa et le chassa ignominieusement du centre glorieux qu’il venait de souiller, et le précipita dans les entrailles de la terre, où il fut assujetti à se revêtir d’un corps de matière, avec lequel il vint ramper sur la surface avec les autres animaux, auxquels il venait de s’assimiler.

Dans l’excès de son affliction, et excité par le conseil salutaire d’un député divin qui lui fût envoyé, il réclama la clémence du Créateur, reconnut et avoua son crime, et se soumit à l’expiation.

La miséricorde accepta son repentir, et le voyant menacé de toute la fureur de son ennemi dont il venait de se rendre l’esclave, le prit sous sa protection pour le préserver des nouveaux dangers auxquels il s’était livré ; et pour humilier plus fortement son insolent ennemi, un puissant Médiateur et Réparateur lui fût promis pour venir le réhabiliter pendant la durée des temps ; il lui a été effectivement envoyé ; il est venu, et par son sacrifice volontaire expiatoire du crime de l’homme il a rendu à la vie éternelle tous ceux qui ont voulu et qui voudront jusqu’à la fin des temps, reconnaître sa puissante médiation. »

(Jean-Baptiste Willermoz, 2ème Cahier, Réponse à la 1re Question du Frère Lajard de Montpellier du 22 mars 1818 sur l’éternité des peines).

La différence essentielle des deux formes corporelles et leur destination

« Quelle est donc la nature de cette nouvelle forme corporelle [celle du Christ après la Résurrection], et qu’est-ce qui constitue la différence essentielle de celle-ci sur la première ?

[C’est ce que] demanderont ces hommes charnels et matériels qui ne voient rien que par les yeux de la matière, et ceux qui sont assez malheureux pour nier la spiritualité de leur être, et ceux aussi qui, attachés exclusivement au sens littéral des traditions religieuses, ne veulent voir dans la forme corporelle de l’homme primitif avant sa chute, qu’un corps de matière comme celui dont il est actuellement revêtu, en y reconnaissant seulement une matière plus épurée.

C’est Jésus-Christ lui-même qui va leur prouver la différence essentielle de ces deux formes corporelles et leur destination, en se revêtant de l’une après sa résurrection, après avoir anéanti l’autre dans le tombeau. »

J.-B. Willermoz, Le Traité des deux natures, MS 5940 n°5, Bibliothèque de Lyon.