Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Catégorie: Haut et Saint Ordre

Le culte n’a de valeur que parce que la Puissance Divine en est elle-même le Grand Prêtre

Christ en Croix

 

« Il y a toujours eu dans les diverses Régions de la terre, des Elus, qui ont présenté à l’Eternel en toute sainteté un encens pur et digne de lui ; comme vrais représentants de la famille humaine, au nom et en faveur de laquelle, ils imploraient la Bonté et la clémence Divine.

Et cela aurait il pu être autrement, sans que la terre, cet unique asile conservé à l’homme après son repentir, eut été changée en un affreux abîme, pour rester à jamais avec tous ses habitants en privation éternelle Divine : puisque dans cette dépravation universelle, aucun homme n’aurait pu mériter les regards du Créateur.

C’est ce qui vous a été annoncé par les Traditions, lorsque Dieu exigeait qu’il y eut au moins quelques justes dans Sodome, sur lesquels il pût reposer sa clémence. D’ailleurs, vous n’ignorez point que pour confesser le vrai culte dans l’Univers et sur la terre, une Puissance ineffable y a été envoyée par Décret de la miséricorde infinie, et qu’après avoir régénéré l’alliance entre Dieu et l’homme, elle ne cesse de vivifier dans la postérité humaine, un culte qui n’a de valeur que parce que cette Puissance toute Divine est elle-même le Grand Prêtre qui présente à l’Eternel, les offrandes pures des hommes de Désir. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Instruction des Profès, Bibliothèque Municipale de Lyon, Ms 5.475).

L’Ordre ne doit point accueillir ceux qui ont une doctrine contraire à la sienne

«(Les] questions ne sont pas offertes aux candidats pour entreprendre avec eux aucune controverse sur les objets qu’elles présentent à leurs réflexions, mais pour obtenir par leur propre déclaration un témoignage certain de leur croyance ou de leur manière de penser sur des points qui sont, je ne crains pas de vous le dire, la base essentielle de la Franc-Maçonnerie.

L’Ordre, ne devant pas accueillir des individus qui auraient une doctrine opposée à celle qu’il regarde comme sa règle fondamentale, a dû, relativement à ceux qui désirent d’y être admis, établir des formes certaines pour connaître leurs vrais sentiments, et leur conformité avec ses lois, afin d’éloigner de ses assemblées tout prétexte de dispute ou d’opposition d’opinions tendant à détruire la charité, la fraternité et l’union qui doivent y régner essentiellement. 

C’est dans cette vue […] et non par aucun doute ou indifférence sur les vérités sublimes professées dans l’Ordre, que les discussions religieuses, morales et politiques, sont sévèrement prohibées parmi les frères, et qu’ils sont exhortés à ne pas craindre d’avouer hautement les vérités de la religion devant les profanes qui les rejettent, tous devant faire leurs efforts pour se rapprocher du Sanctuaire de la vérité afin d’y former avec leurs frères l’union la plus intime et la plus pure qu’il soit possible de voir parmi les hommes.»

(Jean-Baptiste Willermoz, Rituel du 1er Grade d’Apprenti, Régime Ecossais Rectifié, 1802).

Les ministres de la religion traitent de novateurs ceux qui soutiennent la vérité de la doctrine

« L’initiation des G.P. instruit le Maçon, éprouve l’homme de désir, de l’origine et formation de l’univers physique, de sa destination et de la cause occasionnelle de sa création, dans tel moment et non un autre; de l’émanation et l’émancipation de l’homme dans une forme glorieuse et de sa destination sublime au centre des choses créées; de sa prévarication, de sa chute, du bienfait et de la nécessité absolue de l’incarnation du Verbe même pour la rédemption, etc. etc. etc.

Toutes ces choses desquelles dérive un sentiment profond d’amour et de confiance, de crainte et de respect et de vive reconnaissance de la créature pour son Créateur, ont été parfaitement connues des Chefs de l’Eglise pendant les quatre ou six premiers siècles du christianisme. Mais, depuis lors, elles se sont successivement perdues et effacées à un tel point qu’aujourd’hui (…) les ministres de la religion traitent de novateurs tous ceux qui en soutiennent la vérité.

Puisque cette initiation a pour objet de rétablir, conserver et propager une doctrine si lumineuse et si utile, pourquoi ne s’occupe-t-on pas sans amalgame de ce soin dans la classe qui y est spécialement consacrée ? »

Lettre de Willermoz à Saltzmann, du 3 au 12 mai 1812, in Renaissance Traditionnelle, n° 147-148, 2006, pp. 202-203.

 

la Loi spirituelle du christianisme fut une initiation mystérieuse

 

« Malheureux sont ceux qui ignorent que les connaissances parfaites nous furent apportées par la Loi spirituelle du christianisme, qui fut une initiation aussi mystérieuse que celle qui l’avait précédée : c’est dans celle-là que se trouve la Science universelle. Cette Loi dévoila de nouveaux mys­tères dans l’homme et dans la nature, elle devint le complé­ment de la science. Elle est la plus sublime, la plus élevée, la plus parfaite de toutes, enfin la seule à désirer pour un vrai Chevalier de la foi. »

 

Instruction pour les Chevaliers Bienfaisants de la Cité Sainte, 1784.

La loi divine opère la sanctification des êtres spirituels

 

« Gardons-nous pour satisfaire une vaine et coupable curiosité de chercher à pénétrer dans les choses qu’il a plu à Dieu de ne pas révéler aux hommes, comme étant inutiles à leur instruction.

C’est toujours par la même loi que s’opère et s’opérera la sanctification de l’universalité des êtres émanés, ce ne sera jamais que par le sacrifice volontaire du libre arbitre que par l’abandon le plus absolu de la volonté propre, et par l’acceptation de cet abandon de la part de Dieu que pourra s’effectuer leur union indissoluble avec lui qui opère leur sanctification.

Jetons les yeux sur l’homme et considérons la marche qui lui est tracée ainsi qu’à sa postérité pour sa réhabilitation ; nous y trouverons un nouveau sujet de reconnaître l’immutabilité de la loi divine suivant laquelle s’opère la sanctification des êtres spirituels. »

 

J.-B. Willermoz, 6ème Cahier  (1795 -1805), assemblé en 1818, Renaissance Traditionnelle,  n°80, octobre 1989.

 

Le saint Temple n’est point dans cette région inférieure matérielle et souillée

 

« Principe Suprême de tout ce qui existe, ton saint Temple n’est point dans cette région inférieure et matérielle et souillée ; ton trône est supérieur même aux régions célestes, et tu en as imprimé le sentiment intime dans le cœur de l’homme. »

(15 avril 1788 – Willermoz, Mes pensées et celles des autres).

Remonter jusqu’à l’Ordre primitif

« L’origine de l’Ordre est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre .»

Instruction pour le grade d’Ecuyer Novice, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 1778.

La discipline maçonnique et les vertus que l’Ordre enseigne

« C’est en veillant religieusement sur , qu’on réussira à déraciner entièrement les préjugés du vulgaire contre notre Institut, et qu’on rassurera tous les hommes sur le genre et l’objet de nos travaux. Un père éclairé, une mère tendre désireront le moment qu’ils redoutaient jusqu’ici, celui qui ouvrira à leurs enfants les portes de notre temple. On s’accoutumera à regarder nos Loges comme des écoles de bienfaisance, et on envi­sagera la réception d’un homme, comme le garant de son mérite.

Les voyageurs, séparés de leurs amis, ont plus besoin que d’autres de l’attention et des soins paternels des Loges. L’on ne se contente donc pas de le pourvoir de certificats ; on les recommande spécia­lement à l’amitié et à la bienveillance des Loges et des Frères, qui les composent, et les prie de remplacer auprès d’eux les Frères qu’ils viennent de quitter, de les aider de leur conseil et de leur crédit, et de les secourir dans le besoin en les assurant de la réciprocité la plus parfaite.

Ces soins bienfaisants, imposés comme devoirs stricts et indispensables, deviennent pour les vrais Francs-Maçons des sentiments nécessaires à leur bonheur ; indépendamment de l’estime publique, la pratique des vertus procure des jouissances vraies et durables  ceux, qui les remplissent fidèlement. C’est en aimant qu’on se fait aimer, et ce n’est que quand on inspire ce sentiment, que l’exemple des vertus qu’on donne, produit des effets salutaires et durables. »

Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, 1778.