Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Catégorie: Convent des Gaules

L’Ordre Maçonnique dépend entièrement du rétablissement de l’unité primitive

Phénix X

« Des Loges entières dans diverses contrées, sentant la nécessité d’un centre commun, dépositaire d’une autorité législative, se réunirent et coopérèrent à la formation de divers grands Orients. C’était déjà de leur part un grand pas vers la lumière ; mais à défaut d’en connaître le vrai point central et le dépôt des lois primitives, elles suppléèrent au régime fondamental par des régimes arbitraires particuliers ou nationaux, par des lois qui ont pu s’y adapter. Elles ont eu le mérite d’opposer un frein à la licence destructive, qui dominait partout, mais ne tenant point à la chaîne générale, elles en ont rompu l’unité en variant les systèmes.

Des Maçons de diverses contrées de France, convaincus que la prospérité et la stabilité de l’Ordre Maçonnique dépendaient entièrement du rétablissement de cette unité primitive, ne trouvant point chez ceux qui ont voulu se l’approprier, les signes qui doivent la caractériser, et enhardis dans leurs recherches par ce qu’ils avaient appris sur l’ancienneté de l’Ordre des Francs-Maçons, fondé sur la tradition la plus constante, sont enfin parvenus à en découvrir le berceau.

Avec du zèle et de la persévérance, ils ont surmonté tous les obstacles, et en participant aux avantages d’une administration sage et éclairée, ils ont eu le bonheur de retrouver les traces précieuses de l’ancienneté et du but de la Maçonnerie.»

Code des Loges Maçonniques Réunies et Rectifiées de France, 1778.

L’Ordre ne doit point accueillir ceux qui ont une doctrine contraire à la sienne

«(Les] questions ne sont pas offertes aux candidats pour entreprendre avec eux aucune controverse sur les objets qu’elles présentent à leurs réflexions, mais pour obtenir par leur propre déclaration un témoignage certain de leur croyance ou de leur manière de penser sur des points qui sont, je ne crains pas de vous le dire, la base essentielle de la Franc-Maçonnerie.

L’Ordre, ne devant pas accueillir des individus qui auraient une doctrine opposée à celle qu’il regarde comme sa règle fondamentale, a dû, relativement à ceux qui désirent d’y être admis, établir des formes certaines pour connaître leurs vrais sentiments, et leur conformité avec ses lois, afin d’éloigner de ses assemblées tout prétexte de dispute ou d’opposition d’opinions tendant à détruire la charité, la fraternité et l’union qui doivent y régner essentiellement. 

C’est dans cette vue […] et non par aucun doute ou indifférence sur les vérités sublimes professées dans l’Ordre, que les discussions religieuses, morales et politiques, sont sévèrement prohibées parmi les frères, et qu’ils sont exhortés à ne pas craindre d’avouer hautement les vérités de la religion devant les profanes qui les rejettent, tous devant faire leurs efforts pour se rapprocher du Sanctuaire de la vérité afin d’y former avec leurs frères l’union la plus intime et la plus pure qu’il soit possible de voir parmi les hommes.»

(Jean-Baptiste Willermoz, Rituel du 1er Grade d’Apprenti, Régime Ecossais Rectifié, 1802).

Remonter jusqu’à l’Ordre primitif

« L’origine de l’Ordre est si reculée, qu’elle se perd dans la nuit des siècles ; tout ce que peut l’institution maçonnique, c’est d’aider à remonter jusqu’à cet Ordre primitif, qu’on doit regarder comme le principe de la franc-maçonnerie ; c’est une source précieuse, ignorée de la multitude, mais qui ne saurait être perdue : l’un est la Chose même, l’autre n’est que le moyen d’y atteindre .»

Instruction pour le grade d’Ecuyer Novice, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 1778.

La discipline maçonnique et les vertus que l’Ordre enseigne

« C’est en veillant religieusement sur , qu’on réussira à déraciner entièrement les préjugés du vulgaire contre notre Institut, et qu’on rassurera tous les hommes sur le genre et l’objet de nos travaux. Un père éclairé, une mère tendre désireront le moment qu’ils redoutaient jusqu’ici, celui qui ouvrira à leurs enfants les portes de notre temple. On s’accoutumera à regarder nos Loges comme des écoles de bienfaisance, et on envi­sagera la réception d’un homme, comme le garant de son mérite.

Les voyageurs, séparés de leurs amis, ont plus besoin que d’autres de l’attention et des soins paternels des Loges. L’on ne se contente donc pas de le pourvoir de certificats ; on les recommande spécia­lement à l’amitié et à la bienveillance des Loges et des Frères, qui les composent, et les prie de remplacer auprès d’eux les Frères qu’ils viennent de quitter, de les aider de leur conseil et de leur crédit, et de les secourir dans le besoin en les assurant de la réciprocité la plus parfaite.

Ces soins bienfaisants, imposés comme devoirs stricts et indispensables, deviennent pour les vrais Francs-Maçons des sentiments nécessaires à leur bonheur ; indépendamment de l’estime publique, la pratique des vertus procure des jouissances vraies et durables  ceux, qui les remplissent fidèlement. C’est en aimant qu’on se fait aimer, et ce n’est que quand on inspire ce sentiment, que l’exemple des vertus qu’on donne, produit des effets salutaires et durables. »

Code Maçonnique des Loges Réunies et Rectifiées de France, 1778.