L’homme primitif pur n’était pas encore condamné à l’incorporisation matérielle qui fait aujourd’hui son supplice et son châtiment

par peritutvivat

« Je distingue ici l’esprit et le cœur parce que ce sont deux puissances ou facultés intellectuelles qu’il ne faut point confondre. L’esprit voit, conçoit, raisonne, compose, discute et juge tout ce qui lui est soumis.

Le cœur sent, adopte ou rejette et ne discute point; c’est pourquoi je n’ai jamais été éloigné de penser que l’homme primitif pur, qui n’avait pas besoin de sexe reproductif de sa nature, puisqu’il n’était pas encore condamné, ni lui ni tous les siens à l’incorporisation matérielle qui fait aujourd’hui son supplice et son châtiment, eut deux facultés intellectuelles inhérentes à son être, lesquelles étaient vraiment les deux sexes figuratifs réunis en sa personne, mentionnés dans la Genèse, dont les traducteurs et les interprètes ont si complètement matérialisé les expressions dans les chapitres suivants, qu’il est presqu’impossible d’y connaître aucunes vérités fondamentales.

Car par l’intelligence dont le siège réside nécessairement dans la tête, il pouvait, comme il peut encore, connaître et adorer son Créateur, et par la sensibilité qui est en lui l’organe de l’amour et dont le siège principal est dans le cœur, il pouvait l’aimer et le servir, ce qui complétait le culte d’adoration, d’amour et de gratitude qu’il lui devait en esprit et en vérité. »

Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 25 mars 1822.

 

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