Perit ut Vivat

Réforme de Lyon – Régime Écossais Rectifié

Le Régime Écossais Rectifié ne tolère ni mélange ni partage…

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« Le Régime Écossais Rectifié ne tolère ni mélange ni partage… […]

La Stricte Observance […] n’était partout qu’un voile symbolique du système absurde et dangereux de la Restauration temporelle d’un Ordre éteint… »

(J.-B. Willermoz, Lettre inédite, BNF – Loge de Lyon / Directoire Écossais – FM2 f° 51-60).

Dans l’Ordre il faut avoir les principes vraiment chrétiens d’une tolérance universelle…

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« Il y a quelquefois chez les Maçons les plus dignes, les plus religieux, les plus pieux, des obstacles plus grands, plus difficiles à franchir que chez d’autres qui le sont moins [pour être admis un jour ou l’autre au 7ème et dernier grade (secret) dans toute son intégralité].

J’ai même à cet égard des inquiétudes […] sur quelques frères compris dans la liste proposée en dernier lieu pour le 5ème, dont je crains le rigorisme religieux, et un attachement trop servile aux opinions sacerdotales, et qui par cette raison quoique très dignes et très estimables sous tous les rapports, auront besoin d’être examinés et préparés plus longuement que d’autres.

Car dans l’Ordre Intérieur, et encore plus dans le 7ème Grade [secret], il faut avoir dans son cœur les principes vraiment chrétiens d’une tolérance universelle… »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, 22 VIII 1805).

L’authentique « connaissance » initiatique, donne entrée dans le « Sanctuaire de l’Esprit »

 

« Willermoz, s’appuyant sur saint Basile de Césarée (+379) et son De Spiritu, et la Lettre du pape Innocent I à Décentius sur le « don de l’Esprit », textes dont il conseillait la lecture aux Chevaliers Grands Profès, fut convaincu d’une chose qui lui sera propre.

Ce qui d’ailleurs nous montre en quoi, de par sa forme et son organisation culminant dans le dévoilement d’un enseignement doctrinal, le Régime rectifié est absolument autosuffisant et complet n’ayant besoin d’aucun complément extérieur.

Cette conviction porte sur le secret du vrai culte, transmis d’âge en âge, se dévoilant en pratique dans l’identité qui existe entre « vérité » et « révélation » de l’Esprit.

Ceci faisant que pour celui qui a été initié aux mystères de l’Ordre, la science divine n’est autre chose que la relation intime et intérieure avec Dieu.

Relation en forme de « révélation », qui est à la fois et dans le même acte, découverte de la « présence » intime de l’Être éternel et infini, ce en quoi consiste la « Chose », et pratique de la célébration du vrai culte « en esprit et en vérité » (Jean IV, 24), car à partir de l’expérience de l’Esprit, que l’homme est capable de vivre et ressentir dans son âme, telle qu’elle peut survenir dans le cheminement approfondi et éclairé par la foi, on arrive, par une grâce surnaturelle, à l’authentique « connaissance » qui donne entrée dans le « Sanctuaire ». Tel est le secret initiatique du Régime Écossais Rectifié. »

(Jean-Marc Vivenza, Martinès de Pasqually et Jean-Baptiste Willermoz, Le Mercure dauphinois, 2020, pp. 676-677).

« L’Esprit ne se communique qu’à ceux-là seuls qui en sont dignes, non pas suivant une mesure unique, mais distribuant son opération en proportion de la foi. »

Saint Basile de Césarée, De Spiritu.

La Croix, grand emblème universel

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« La Croix présente elle-même à l’intelligence, dans son ensemble et dans ses parties, un grand emblème universel, principalement dans la circonstance dont nous nous occupons. Par sa partie inférieure, qui est la plus prolongée, elle paraît fixée dans le centre de la Terre, de cette Terre souillée de tant d’abominations que toutes les eaux du déluge n’ont pu effacer, et que le sang d’une grande et pure victime peut seul purifier.

De là, elle s’élève dans une plus haute région où elle forme un grand réceptacle par ses quatre branches qui, s’étendant sans obstacle, paraissent aller toucher les quatre points cardinaux de l’espace universel et y porter les fruits de l’action unique qui s’opère au centre de ce réceptacle par l’homme-Dieu mourant sur ce centre, pour tout réparer.

Ce qui nous fait facilement concevoir les immenses et prodigieux résultats que l’action toute puissante du Verbe de Dieu uni à Jésus mourant sur la Croix a opéré sur la Nature entière visible et invisible, spirituelle et corporelle, qui en était le témoin et l’objet. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).

 

L’homme précipité dans une forme corporelle matérielle vint ramper sur la terre

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L’homme devenu criminel, chassé du poste glorieux qu’il n’avait pas su défendre, et dépouillé de la forme impassible qu’il avait laissé souiller, fut précipité et lié dans une forme corporelle matérielle avec laquelle il vint ramper sur la surface terrestre, pour la transmettre dans un ordre successif a sa postérité.

Ce fut donc par un abus énorme de la liberté, et en agissant par une volonté contraire aux ordres qu’il avait reçus qu’il attira sur lui l’épouvantable châtiment, dont sa postérité restera la victime jusqu’à la fin des temps ; et son malheur serait irréparable, si Dieu, touché de son repentir, ne lui avait promis un Rédempteur qui le relèverait de sa chute, s’il le secondait par tous les efforts de sa volonté.

Puisqu’il est évident que c’est par l’abus qu’il a fait de son libre-arbitre et le mauvais usage de sa volonté que l’homme est devenu coupable et malheureux ; peut-il lui rester d’autres moyens pour sa réhabilitation que d’offrir sans cesse et du fond de son cœur, à son Créateur, le sacrifice entier de cette Liberté qui lui est devenue si fatale, et l’abandon absolu de sa volonté jusqu’à ce qu’il lui plaise de l’accepter.

(Jean-Baptiste Willermoz, 3e Cayer [C], FM 509, BN, « De la liberté et des facultés des êtres spirituels et de leur émancipation »).

 

L’objet réel du culte consiste essentiellement à adorer Dieu en Esprit et en Vérité

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« Vous vous étonnerez peut-être et vos frères pourront s’étonner avec vous que dans un Ordre qui a plus besoin des qualités intérieures essentielles que de représentation extérieure, on mette tant d’importance à cette dernière, cela paraît contradictoire, et cependant ne l’est pas, prenons-en un exemple qui est sous nos yeux à tous les pas.

Voyez avec quel empressement, en toutes occasions et en tous lieux, on étale dans les solennités religieuses du Culte Catholique le plus grand luxe possible en illuminations, belles décorations, riches ornements, & qui sont totalement étrangers à l’objet réel de ce culte, qui consiste essentiellement, comme Jésus-Christ l’a déclaré à la Samaritaine, à adorer Dieu  »en Esprit et en Vérité ». Je sais que l’on donne à ce luxe des prétextes imposants et spécieux ; mais le véritable motif est que l’on veut parler aux yeux et frapper les sens de la multitude, pour la mieux disposer au respect qu’elle doit à l’Objet réel et Unique de ce Culte.

Quel est aussi le corps qui ne s’honore pas d’avoir pour Chefs des hommes respectables et respectés, dont la considération personnelle rejaillit sur tous les membres qui le composent. »

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Achard, 1er au 8 IX, 1807).

 

Toute la Classe d’Adam est souillée par la prévarication

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« Adam, tenté et séduit par le Démon, pèche grièvement par ses facultés de Pensée, de Volonté et d’Action. La multitude innombrable de sa classe en acquiert au même instant connaissance et pèche autant qu’elle en est capable. Les uns la repoussent de toute leur Volonté, d’autres y adhèrent plus ou moins, d’autres aussi y adhèrent de tout leur Vouloir. Ne pourrait-on pas voir dans les premiers les Justes ou les Prédestinés ou les Bénis de mon Père, dans les Seconds la tourbe des humains entraînés par les plaisirs et les séductions du Monde et dans les troisièmes les plus grands coquins, les plus grands scélérats des divers siècles ?

Toute la classe est donc souillée par la prévarication de l’homme, les plus justes restent chargés d’une grande solidarité pour les plus coupables, et il faudra que tous en acquittent leur part par leur séjour plus ou moins prolongé dans l’incorporisation matérielle et dans la mort corporelle qu’ils devront y subir, comme dans les peines expiatoires et purificatoires que la Miséricorde leur destine après le mort. 

Cette part a-t-elle été égale pour tous ?

– Réponse : Non ; elle est différente pour les uns et pour les autres, et presque nulle pour quelques autres […] »

 

(Jean-Baptiste Willermoz, Lettre à Jean de Turckheim, 18 août 1821).

Si les Frères avaient un vrai désir d’atteindre la perfection maçonnique

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« La tenue cérémonielle […] chaque mois est indispensable à jours et heures fixes […] cette tenue est consacrée aux réceptions d’Apprentis et aux promotions des Compagnons et des Maîtres et à défaut de ce genre de travail, ou concurremment  avec ce travail, à l’instruction générale des Frères. Cette tenue est toujours accompagnée d’un banquet maçonnique, qui doit être le seul pendant le mois, sauf les cas très extraordinaires.

En quoi consiste l’instruction générale des Frères ?

C’est toujours la lecture du Code, ou celle de la Règle Maçonnique, ou celle des Instructions annoncées au Rituel, et presque jamais rien de plus. Lorsque ces lectures sont terminées, on les recommence dans la séance suivante, de sorte que ceux qui n’y assistent pas n’y perdent que la répétition, et ces répétitions deviennent si fréquentes qu’on pourrait facilement apprendre ces choses par cœur  si à la fin elles ne devenaient pas fastidieuses.

Mes Chers Frères., si les cœurs étaient moins tièdes, moins apathiques ; s’ils étaient embrasés d’un vrai désir d’atteindre à la perfection maçonnique ; si les esprits étaient mieux disposés à l’amour des Règles et des Lois, et à plus de tendance au « But » qu’elles indiquent, on ne trouverait rien dans ses répétitions de monotone, de fastidieux, d’ennuyeux ; on viendrait les entendre chaque fois avec un nouvel empressement et s’en nourrir l’esprit et le cœur, parce que la vérité qui plaît est toujours pour l’esprit agréable et nouvelle. »

(J.-B. Willermoz, Lettre à Achard, 11,VIII, 1805).

L’homme-Dieu Réparateur par le sacrifice de sa volonté reçut le témoignage de l’ange

Jésus dans le jardin

« Le second Adam en Jésus-Christ, comme homme pur qui n’a aucunement participé à cette prévarication, ni aux vices de la conception des formes corporelles qui ont infecté toute sa postérité, a été doué non seulement des mêmes forces, vertus et puissances que le premier, mais elles ont été éminemment fortifiées en lui par l’union intime et éternelle que le Verbe divin a fait de sa propre nature avec celle de l’homme pour assurer le plein succès de sa mission réparatrice. (…) L’homme primitif, le premier Adam, avait prévariqué et consommé son crime par l’abus de ses trois facultés intellectuelles de Pensée, de Volonté et d’Action. Il avait outragé le Père, le Fils et le Saint-Esprit qui sont ensemble un seul Dieu. Il fallait donc que le second Adam, que l’homme-Dieu, répara ces mêmes outrages par les mêmes voies et dans les mêmes proportions.

C’est ce qui explique pourquoi l’homme-Dieu Réparateur fait trois prosternations différentes avec les mêmes angoisses, faisant la même prière et montrant toujours la même résignation, et c’est aussi pourquoi le sacrifice de sa volonté n’est accepté qu’après la troisième, et que ce n’est qu’alors qu’il en reçoit le témoignage par l’ange qui lui est envoyé pour le consoler et le fortifier. Aussitôt que l’homme-Dieu a consommé le sacrifice de sa volonté, il reprend le calme et la sérénité de l’homme pur, qui s’est parfaitement soumis à la volonté de Dieu. C’est avec ce calme de l’âme qu’il va retrouver ses disciples, qu’il les invite à se reposer, et qu’il va au-devant de ceux qui, conduits et amenés par le traître Judas, viennent le saisir.

C’est toujours l’homme pur et agissant librement et volontairement qui se montre dans le reste de sa Passion. Cependant ici, sa Divinité se manifeste un moment en faisant reculer et renverser par terre les satellites qui viennent le prendre, quand, après leur avoir demandé : « Qui cherchez-vous ? », il leur répond : « C’est moi ». La force divine de cette parole les remplit d’épouvante et les terrasse, mais il les rassure, parce qu’il veut souffrir et mourir. 

(…) La victime s’est dévouée sans réserve ; tout le reste de sa Passion n’est que la conséquence de son sacrifice. On le voit sur la Croix, comme au Jardin des Oliviers, toujours homme pur, fortifié jusqu’à la fin par son union avec le Verbe, mais toujours laissé à sa propre volonté, afin qu’il puisse mériter par elle jusqu’à la consommation du sacrifice, la glorification que cette consommation assure à sa sainte humanité. »

(J.-B. Willermoz, Traité des deux natures divine et humaine réunies individuellement pour l’éternité en un seul et même être dans la personne de Jésus-Christ, Bibliothèque Municipale de Lyon, ms 5940 n° 5).